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10 May 2021

L'art de poser les (bonnes) questions

Nous aurions adoré ouvrir ce billet en vous parlant de la maïeutique de Socrate ou du questionnaire de Proust, mais il paraît que ça fait pompeux.

On s'en tiendra à ça : chez Skeelz, nous avons la ferme conviction que poser la bonne question est un art qui s'apprend, se patine et se perfectionne avec le temps.

Et ça tombe bien, en tant que recruteurs, savoir poser LA bonne question, au bon moment, est un genre d'impératif qui vient avec le métier.

Nous nous sommes amusés, via le LinkedIn d'Olivier, à interroger notre réseau (Promis, vous trouverez un florilège des meilleures réponses en fin d'articles):

"Bonne" question, kézako ?

 

Est-ce sa capacité à attirer une réponse atypique ? Est-ce la quantité/qualité des informations qu'elle permet de retirer ? Est-ce la facilité avec laquelle elle permet de débloquer une discussion ?

Pour répondre à ce mystère, notre équipe n'a pas fait les choses à moitié.

Nous avons emprunté les chemins tortueux de la messagerie LinkedIn. Vaincu son algorithme dans une lutte acharnée. Échangé avec les têtes pensantes d'industries variées.

Surtout, surtout, nous avons mené un nombre incalculable d'entretiens. 

Nous avons condensé toute cette expérience, acquise en plus de 15 ans d'exercices, dans une liste (que nous espérons) la plus exhaustive possible.

Voyez ça comme un cadeau de notre part au patrimoine mondial de l'humanité. Ou, en tout cas, comme une tentative de séduire à la fois votre sens critique et le référencement Google.

Vous êtes prêt ? C'est parti.

 

La question métaphysique

 

Une question devient particulièrement stimulante lorsqu'elle fait appel aux valeurs et idéaux des personnes à qui elle est dédiée.

On peut certes en apprendre beaucoup d'une question plus "terre-à-terre", mais c'est lorsque l'on effleure des sujets plus 'profonds' qu'on peut réellement découvrir quelqu'un.

Il s'agit de considérer la question comme une porte ouverte vers un univers de symboles, de sens et de représentations.

La question chirurgicale

Une bonne question repose sur trois mots : simplicité, clarté, précision. Celle-ci doit bien sûr être suffisamment brève pour être comprise, mais également travaillée pour inviter une réponse nuancée/une réflexion plus profonde. Tout n'est qu'équilibre !

La question "hors-cadre"

 

Une bonne question stimule la créativité de ses répondants, en les poussant à voir leurs situations sous une autre perspective. Plutôt que de rester dans un schéma "pourquoi/comment", elle invite au contraire à sortir du cadre, en jouant sur l'infinité des possibles.

Bref, une bonne question nous permet de penser autrement, en rupture avec nos schémas de réflexion habituels.

L'avantage d'une bonne question est qu'elle ne s'applique pas uniquement en entretien.

Il suffit d'une seule question pertinente, au bon moment, pour faire changer une entreprise d'échelle.

C'est d'ailleurs lorsque l'on arrête de s'interroger sur pourquoi les choses sont mises en place dans une organisation que celle-ci commence à sentir le roussi !

 

Le saviez-vous ?

 

Dans certaines grandes entreprises allemandes existe le poste de "Direktor Grundsatzfragen", littéralement "Directeur des questions fondamentales".

Son travail : réfléchir constamment, dans un département dédié, aux prochaines 'grandes questions' que l'entreprise devra affronter.

Ce qu'une bonne question peut apporter à une entreprise :

> Faire éclater les silos organisationnels, en réunissant des métiers qui n'avaient pas l'habitude de se côtoyer 5 minutes auparavant.

> Faire rentrer l'organisation dans un nouveau paradigme, en créant une nouvelle offre, un nouveau business model voire carrément un nouveau marché.

Les idées naissent d’une minuscule collision, d’un frottement entre des fragments de concepts qui n’avaient pas l’habitude de se fréquenter et c’est ainsi que des concepts auparavant froids se mettent à dégager de la chaleur, et que des objets obscurs jusque-là commencent à émettre de la lumière. Petite chaleur, petite lumière, qui menace de s’éteindre si on n’y prend pas garde.

Philippe Michel

> Concentrer l'attention - et l'énergie - des équipes autour d'un but précis, les fédérant au passage.

> Favoriser la prise d'initiative et la montée en compétences de chaque membre.

> Globalement paver la voie au changement

         - en s'interrogeant sur les façons de faire actuelles

         - et sur comment les déconstruire pour mieux les améliorer !

Chacun de ces points est un phénoménal avantage concurrentiel par lui-même. Dès lors, il est étonnant de voir à quel point cette opportunité stratégique peut-être sous-estimée par nombre d'entreprises.

L'une des raisons explicatives à ce phénomène : il n'existe pas de génération spontanée pour les "bonnes" questions en entreprise. 

Autrement dit, une série de prérequis existent qui, s'ils ne sont pas remplis, bloquent l'apparition de telles comètes.

Les prérequis à une bonne question en entreprise

 

> La création d'un climat de confiance. Celui-ci favorise la formation continue, la curiosité et la prise d'initiative. Ce n'est que lorsque vos collaborateurs se sentent à l'aise - y compris de se louper - que les vannes sont officiellement ouvertes.

> Cela passe bien évidemment par un non-jugement de la part des décideurs, mais également par un échange régulier entre chacun.

> L'écoute attentive de chaque idée, pour déceler les connexions possibles et les problèmes qu'elles sous-tendent (évoqués plus ou moins directement).

> La compréhension commune des défis que rencontre, à un moment T, l'entreprise. Comment voulez-vous stimuler l'intelligence collective si chacun a sa propre perception de la direction dans laquelle va le groupe ?

Chose promise, chose due : florilèges des questions les plus inspirées.